Mercredi 27 mars – 20h30 – Espace Rabelais – Chinon

Vassili TCHERETSKI, chant, accordéon
Estelle PANNÉ, chant, guitare
Alexandre ZUANON, chant, guitare
Nicolas ORTIZ, violon
Camille WOLFROM, contrebasse

avec la participation des élèves du conservatoire

Le Cabaret Tsigane franco-russe Divano Dromensa, ce sont des guitares déchaînées, des chanteurs envoûtés, un violon exubérant et des rythmes endiablés !
Les origines artistiques et la rencontre de leurs cultures ont déterminé le fondement musical de Divano Dromensa. La recherche de nouvelles saveurs, de nouveaux horizons, portant sur liberté de compositions d’influences russe, roumaine et manouche, a abouti à la création de compositions multicolores.
Habité par l’âme de l’accordéon et des voix slaves, propulsé par les syncopes des guitares swing, le cabaret tzigane de Divano Dromensa fusionne avec la virtuosité du violon tzigane ou les cadences endiablée des tarafs.
Depuis une dizaine d’années, cette mosaïque musicale, aussi enjouée et festive que poétique et nostalgique, concourt au succès du groupe sur les scènes des festivals, des théâtres et des lieux de patrimoine.

Samedi 21 avril – 20h30 Espace Rabelais – Chinon
(concert de présentation de saison)

Musiques et Patrimoine vous donne rendez-vous dès septembre pour prolonger un début de saison largement apprécié pour cette année des 20 ans où danse et musique, si étroitement cousines par le rythme, mènent ensemble un programme à la fois de qualité et allègre.

N’hésitez pas à réserver dès maintenant, car certains des concerts sont attendus et peuvent faire le plein, surtout quand le lieu n’offre pas une jauge importante.

Nous vous disons donc « à bientôt » pour ces rencontres musicales conçues comme de jolies ponctuations de fin d’été dont nous espérons la météo encore clémente. Ponctuations en forme de points de suspension, car, comme les années précédentes, Musiques et patrimoine fera sa clôture juste avant Noël avec l’Orchestre de la Garde Républicaine, en apothéose.

La formule Pass est toujours disponible pour cette séquence et, si, déjà titulaire d’un Pass pour les concerts du début de saison, vous n’avez pas épuisé les 3 choix, vous pouvez, bien-entendu, le faire valoir pour cette suite du programme.

Au plaisir de vous retrouver bientôt.

L’ancien sanctuaire de Cravant, placé sous le vocable de Saint Léger et localement dénommé « la Vieille-Église », est dit Carolingien du fait de ses origines et de son histoire.

Avec certaines de ses parties remontant au IXe siècle et construites sur des traces du VIIe, cet harmonieux monument riche du premier art roman est historique à plus d’un titre : classé lui-même Monument Historique depuis 1913, les deux piliers mérovingiens qu’il contient le furent à leur tour en 1963, et la fresque de la chapelle Sud représentant l’allégeance à Notre Dame fut enfin inscrite à l’Inventaire Supplémentaire en 1975.

Ancien évêque d’Autun, Léger fut assassiné dans le bois de Sarcin (forêt de Lucheux) le 2 octobre 678 sur ordre du maire du palais du royaume mérovingien de Neustrie, Ebroïn, qui déjà l’avait martyrisé deux ans plus tôt en lui faisant arracher les yeux, la langue et les lèvres… Bouleversé par un tel acharnement, le roi convoqua un synode pour autoriser le culte des reliques du saint martyr et ses dépouilles furent transportées à Poitiers, au Monastère de Saint-Maixent où il avait été abbé. C’est en souvenir de ce transfert abondamment relaté par Grégoire de Tours, que le site fut placé sous son vocable.

Désaffecté par le Culte près de mille ans plus tard, en 1863, à l’occasion du déplacement du bourg, le sanctuaire Saint-Léger de Cravant échappa miraculeusement à la démolition et fut mis en vente aux enchères publiques le 8 janvier 1865.

Il fut alors acquis par la Société Archéologique de France qui le revendit le 2 Mars 1933, pour cent Francs, à l’Association des Amis du Vieux Cravant créée le 25 Décembre 1932, jour de Noël, par le Chanoine Audard, curé de Cravant.

L’Association est encore à ce jour propriétaire de ce joyau de l’architecture cultuelle.

Dans ce village de Saint Germain-sur-Vienne, nous sommes dans une petite église médiévale dont l’agencement – nef unique, clocher latéral est typique du style gothique angevin… Mais elle est aussi extrêmement raffinée et, si on regarde bien, exceptionnelle. Examinons successivement :

Le chevet : la voûte du chœur appartient au gothique angevin dit « à nervures multiples ». L’aspect arachnéen du voûtement est exceptionnel de virtuosité, de maîtrise d’un savoir-faire technique qui transforme le couvrement en un immense baldaquin suspendu au-dessus de l’autel.

Le maître-autel : il a été récemment et magnifiquement restauré. Mais pourquoi ce retable si beau si important dans une petite église de village ? Il a été construit au XVIIe siècle, après le concile de Trente, dans le grand mouvement de la Réforme catholique, qui a réaffirmé la légitimité de l’image religieuse mise en cause par les protestants. Les auteurs qui interprétèrent les décrets du Concile prônèrent alors le réalisme des figurations sachant que l’effet du réel s’adressant à l’affect et la sensibilité, était l’un des chemins de la foi. D’où la création, au maître-autel, de ce grand retable qui favorisent un point de vue frontal, et contribuent ainsi à capter le regard, comme pour un tableau, vers l’autel, et donc vers le tabernacle, nouveau meuble placé en permanence sur l’autel.

Les statues : les Pères du Concile de Trente avaient souhaité que l’image accompagne la pastorale et nous avons ici les images de Saint-Pierre et Saint-Paul, piliers de la catholicité. Ces deux sculptures, très remarquablement restaurées sont exceptionnelles : elles appartiennent à la production des ateliers de sculpture en terre cuite du Maine et datent du XVIIe siècle (l’une d’elles, Saint-Paul, est datée de 1640). Là encore, nous sommes devant un savoir-faire d’une technicité éblouissante. Ces statues sont modelées et non moulées, souvent à l’aide d’armatures. Après élaboration de volume d’ensemble, les drapés étaient obtenus par des plaques de terre, presque aussi fines que des véritables tissus, amincies au rouleau, et disposées sur le volume à l’aide de baguettes, exactement comme s’il s’agissait de draps réels. Puis, elles étaient cuites dans des fours à bois et peintes. La polychromie est extrêmement raffinée. En vous approchant, vous verrez que la pupille, l’iris, les cils sont détaillés (les regards sont bouleversants de profondeur) les veines apparaissent sous les chairs, le sang circule… Et le travail des drapés est passionnant : c’est un travail sur la lumière qui joue avec les ors, les bleus et les blancs; les blancs semblent avoir été polis à l’agathe pour donner des effets de brillance en contraste avec des zones laissées mates; le galon du vêtement est posé à la feuille d’or tandis que les sandales sont dorées à la mixion. Ces deux statues sont encore en quête d’auteur, mais on parle beaucoup de Pierre BIARDEAU, célèbre pour l’élégance de ses œuvres maniéristes et la dynamique de son mouvement. L’ensemble a bénéficié d’un admirable travail de restauration assuré par des artisans talentueux.

La dénomination de « Sainte-Chapelle » désigne une chapelle qui abritait des objets ayant eu un rapport direct avec le Christ. Ces Saintes Chapelles sont une tradition de la famille Bourbons après la canonisation de leur ancêtre Louis IX connu sous le nom de Saint-Louis.

Au milieu du XIIIe siècle, Louis IX avait fait ériger dans l’Ile de la Cité une chapelle exceptionnelle destinée à accueillir la Couronne d’Épines du Christ, ramenée d’Orient à grand frais. Les descendants de ce roi voulurent commémorer ce geste solennel en bâtissant une succession de Saintes Chapelles qui rehaussaient le prestige familial.

La construction du château de Champigny-sur-Veude fut entamée par Louis Ier (descendant de Saint-Louis) vers 1508 à son retour des guerres d’Italie. Ayant réuni des reliques de Saint-Louis, Saint-Sébastien, Saint-Opportune et Saint-Hubert, il voulut rajouter des fragments de la couronne d’Épines, du Saint-Suaire, de la Vraie Croix, de la Colonne de Flagellation et l’un des trente deniers de Judas. La construction d’une Sainte Chapelle s’imposait !

C’est son fils, Louis II, Duc de Montpensier qui mènera l’ouvrage à son terme vers 1558. À l’occasion de son mariage avec Jacquette de Longwy en 1538, l’oncle de cette dernière, le Cardinal Claude de Givry lui offrit l’ensemble des merveilleux vitraux qui évoquent la vie de Saint-Louis depuis son sacre à Reims jusqu’à sa mort à Tunis. Ces vitraux célèbrent la grandeur de ce roi exceptionnel ancêtre de la famille des Bourbons.

Aujourd’hui, il ne reste que les communs du château détruit par Richelieu après 1635, mais la Chapelle sauvée grâce à l’intervention du Pape Urbain VIII est toujours un fabuleux témoin de l’architecture renaissance et gothique.

Lorsque l’on quitte le village de Lerné, vers l’Ouest, la route semble buter sur un porche monumental, tandis que sur la droite, un ensemble imposant de bâtiments attire l’œil. Où est le château, y a-t-il un château ? Il faut dire que c’est un site en même temps classique et atypique : classique par son architecture et son ordonnance, atypique car il ne peut être compris que si l’on connaît un peu l’histoire en général et l’histoire de ce domaine en particulier.

Historiquement il faut revenir au XVe siècle avec l’autorisation de Charles VII de faire fortifier le château (1432) puis sa reconstruction à la Renaissance (1540). La fin du XVIe est une période troublée par les guerres de religion et en décembre 1568 Chavigny est pris, pillé et brûlé par « les gens de la religion réformée ». François Le Roy de Chavigny, alors en campagne pour le compte du roi Charles IX fait estimer les dégâts, obtient la promesse d’une indemnisation qui ne lui sera jamais versée. En 1634, Claude Bouthillier achète Chavigny et fait établir les plans du nouveau château par Pierre Le Muet, architecte du roi. Claude Bouthillier, proche du cardinal de Richelieu, est à cette époque surintendant des finances et trésorier des ordres du roi Louis XIII. Le nouveau château et les communs sont construits entre 1638 et 1648. Contrairement à l’usage, les communs sont situés à l’écart du château. Le domaine restera dans la famille Bouthillier de Chavigny jusqu’en 1774, date à laquelle le domaine fut vendu aux Desmée du Buisson (pour 420 000 livres).

La révolution de 1789 avait aboli le droit d’aînesse et en 1830, Charles Desmée de Chavigny qui était l’ainé de huit enfants n’avait pas les moyens d’entretenir ce château. Il le fait démolir, ne gardant que le pavillon Nord-Ouest qui abrite la chapelle et le porche d’entrée. Il se fait alors construire à flanc de coteau une demeure au goût de l’époque. Cet ensemble est demeuré dans la même famille depuis le XVIIIe.

L’ensemble restant du site de l’ancien château, ses communs (« les basses cours » selon la terminologie de l’époque) est bâti de tuffeau en pierres de taille et est classé au titre des monuments historiques. La chapelle est un chef d’œuvre d’architecture baroque revisité par le classicisme français avec un décor sculpté d’une étonnante richesse. Les tableaux du retable et du plafond contrastent avec la blancheur de la statuaire et des bas-reliefs. Les communs forment une vaste cour fermée, axée sur la füye (pigeonnier monumental) et la grange, avec à l’Ouest des écuries et à l’Est des logements.

Désormais, indépendamment de fréquentes visites de groupes et des Journées du Patrimoine pour lesquelles Chavigny est ouvert depuis leur origine, le domaine est régulièrement le cadre de manifestations diverses : assemblée du village chaque année, fêtes organisées par diverses associations, banquet des chasseurs et concert de trompes, expositions de peinture et d’artisanat, concerts, foire aux livres. La grange, avec ses vastes proportions et sa remarquable charpente, est de fait un cadre idéal que les propriétaires ont plaisir à faire connaître.

Saint Martin est né en 316 à Sabaria (l’actuelle Szombathelie) en Hongrie.

C’était l’époque du développement de la chrétienté et l’enfant a certainement été en contact avec des chrétiens. Vers l’âge de 10 ans il manifestait déjà un grand intérêt pour le christianisme, mais il dut suivre les ordres de son père, officier supérieur de l’armée romaine, et s’engagea dans la carrière des armes. Affecté en Gaule à Amiens, c’est là que, selon la légende, il partagea son manteau avec un déshérité et fut baptisé. En 356, il quitta l’armée et se rendit à Poitiers pour rejoindre Hilaire, son ami et directeur de conscience, qui était évêque de cette ville.

Après quelques années rendues difficiles par les querelles qui déchiraient la chrétienté, il quitta Poitiers en 360 pour aller fonder la première communauté de moines à l’Abbaye de Liguré. En 370 l’Évêque de Tours étant décédé, les habitants de cette ville proclamèrent Martin à sa place contre son gré et l’enlevèrent. Martin se soumit et se consacra à la christianisation des campagnes restées païennes. Il lutta contre les idoles et leurs sanctuaires, et fit bâtir des églises dont une à Candes-sur-Loire. Au soir de sa vie, en 397, sa présence étant requise pour réconcilier des clercs dans cette localité, il s’y rendit, apaisa la querelle, mais, épuisé, il y rendit l’esprit. Disputé par les Poitevins et les Tourangeaux, son corps fut enlevé nuitamment par ces derniers qui le ramenèrent à Tours en bateau pour l’enterrer le 11 novembre. La légende veut que sur son passage, les fleurs se soient mises à éclore en plein novembre sur les rives de la Loire entre Candes et Tours, donnant naissance à l’expression «l’été de la St-Martin».

Les moines de Candes forment un collège de chanoine en ce lieu devenu centre de pèlerinage et en 848 l’église prend le titre de Collégiale. Pour accueillir tous les pèlerins il fallut l’agrandir et les travaux de la nouvelle Collégiale commencèrent vers 1180 par le chœur et le transept. La nef, du début du XIIIe siècle, est particulièrement impressionnante avec ses trois vaisseaux de même hauteur, aux voûtes angevines ou « Plantagenêt ». Au nord, est rajouté vers 1250, un porche monumental, richement sculpté, avec un pilier central. L’aspect fortifié de cette Collégiale lui vient des rajouts effectués au XVe siècle, à l’époque troublée de la guerre de Cent-Ans.

C’est un édifice somptueux, à la gloire de Saint-Martin et une petite chapelle, curieusement articulée entre le chœur et le bras nord du transept, à l’endroit où le corps de Saint-Martin fut enlevé par les chanoines de Tours, abrite le gisant du troisième évêque de Tours. Il est éclairé par un vitrail qui relate l’évènement.

L’église Saint-Nicolas est le plus souvent datée de la fin du XIe siècle. Elle est dotée d’un plan en croix latine. À l’origine, la nef était constituée de trois vaisseaux (un vaisseau central et deux bas-côtés). Actuellement, seul le vaisseau central subsiste, les deux bas-côtés ayant disparu à une époque inconnue. Le transept se composait, au départ, de deux absidioles : une au nord (qui subsiste) et une au sud (qui a disparu). Le chœur est actuellement surélevé d’un mètre ; il était composé de cinq baies à l’origine, aujourd’hui quatre subsistent, la cinquième abritant maintenant l’escalier menant au clocher. Ce chœur se termine par une abside en hémicycle dont la voûte est ornée d’un décor peint. D’après le style, on peut dater ces fresques de la première moitié et du milieu du XIIe siècle.

La crypte, elle, daterait du XIIe siècle. Sa nef se compose de trois vaisseaux se terminant en hémicycle. Mondialement connues, les peintures de Tavant sont caractérisées par un style tendu, fruit d’une grande rapidité d’exécution. Une grande intensité et une grande expression se dégagent des figures. Tous les personnages sont en mouvement, l’anatomie et les proportions sont plutôt bien respectées. À ce jour, on ne peut malheureusement pas définir précisément le sujet iconographique complet de la crypte. Ces fresques sont-elles l’illustration de l’office des morts, de la lutte du Bien et du Mal ou encore du combat du Christ rédempteur ? Les études en cours permettront peut-être de donner une réponse.

http://www.communedetavant.fr/eglise.php

Les halles de Richelieu, achevées en 1638, constituent un centre économique important dans la région dès le 17e siècle. Le cardinal de Richelieu créa en effet quatre foires annuelles et deux marchés hebdomadaires, afin d’attirer les habitants dans sa ville nouvelle fondée en 1631.

Ces halles majestueuses (46 mètres sur 38 mètres) sont surmontées d’une magnifique charpente en châtaignier. Elles sont divisées en trois parties dans le sens de la longueur et répondent à la division de l’église en trois nefs, située en vis-à-vis. La partie sud servait aux dépôts de blé et la partie nord était occupée par les étaux des bouchers. Quatre pavillons d’angle complètent l’édifice, entouré à l’origine d’un mur de 90 cm de haut.

Cette construction imposante semble résister au fardeau des siècles. Pourtant, après la Révolution, elles ont menacé de s’effondrer. La charpente a été en partie restaurée et les quatre pavillons furent reconstruits au cours du 19e siècle. Vers 1850, les foires et les marchés se sont multipliés, ce qui renforça l’importance stratégique des halles pour la ville de Richelieu, devenue un pôle commercial dans une région rurale. Elles ont été classées Monument Historique en 1949 et intégralement restaurées en 2012-2013.

Le Sanctuaire Carolingien (Cravant-les-Coteaux) :

L’ancien sanctuaire de Cravant, placé sous le vocable de Saint Léger et localement dénommé « la Vieille-Église », est dit Carolingien du fait de ses origines et de son histoire.

Avec certaines de ses parties remontant au IXe siècle et construites sur des traces du VIIe, cet harmonieux monument riche du premier art roman est historique à plus d’un titre : classé lui-même Monument Historique depuis 1913, les deux piliers mérovingiens qu’il contient le furent à leur tour en 1963, et la fresque de la chapelle Sud représentant l’allégeance à Notre Dame fut enfin inscrite à l’Inventaire Supplémentaire en 1975.

Ancien évêque d’Autun, Léger fut assassiné dans le bois de Sarcin (forêt de Lucheux) le 2 octobre 678 sur ordre du maire du palais du royaume mérovingien de Neustrie, Ebroïn, qui déjà l’avait martyrisé deux ans plus tôt en lui faisant arracher les yeux, la langue et les lèvres… Bouleversé par un tel acharnement, le roi convoqua un synode pour autoriser le culte des reliques du saint martyr et ses dépouilles furent transportées à Poitiers, au Monastère de Saint-Maixent où il avait été abbé. C’est en souvenir de ce transfert abondamment relaté par Grégoire de Tours, que le site fut placé sous son vocable.

Désaffecté par le Culte près de mille ans plus tard, en 1863, à l’occasion du déplacement du bourg, le sanctuaire Saint-Léger de Cravant échappa miraculeusement à la démolition et fut mis en vente aux enchères publiques le 8 janvier 1865.

Il fut alors acquis par la Société Archéologique de France qui le revendit le 2 Mars 1933, pour cent Francs, à l’Association des Amis du Vieux Cravant créée le 25 Décembre 1932, jour de Noël, par le Chanoine Audard, curé de Cravant.

L’Association est encore à ce jour propriétaire de ce joyau de l’architecture cultuelle.

L’église primitive a été fondée vers 1039 par Dame Nivès de Faye ; son nom, Saint-Georges, patron de la Grèce et de la chevalerie du Moyen Âge, indiquerait que les seigneurs de Faye auraient pris part aux croisades. Ceci semble confirmé par les scènes sculptées sur certains chapiteaux (chevaliers combattant les infidèles) et par le nom donné à la chapelle de la crypte : l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Ce premier édifice fut remplacé au XIIe siècle par celui qui subsiste aujourd’hui, bien qu’il ait subi de nombreuses modifications au cours des siècles. C’est une église fortifiée qui a la forme d’une croix latine tournée vers Jérusalem. Les fortifications ont été érigées à la fin du XIVe siècle, il en reste une terrasse crènelée munie d’une échauguette et côté sud, une tour de guet.

Au XIXe siècle l’église menaçant ruine, de nombreuses réparations l’ont un peu transformée. Le clocher a été surélevé – la partie rajoutée est à l’étage du milieu – le sol de la nef aussi a été surélevé et les chapelles qui lui étaient reliées ont été détruites. Le chœur, partie privilégiée car il était exclusivement réservé aux offices du chapitre, reste en l’état. Il est entouré de dix piliers carrés flanqués de quatre colonnes engagées, reliés entre eux par des arcades de communication en plein cintre. Un triforium aveugle, caractéristique du style romain, court au dessus des piliers – des fenêtres hautes diffusent une lumière douce dont les rayons convergent vers le chœur.